Edgar Morin, thinking his life and living his thought
Edgar Morin, thinking his life and living his thought On May 29, 2026, Edgar Morin passed away at the age of 104. The Leaders for Peace Foundation wished to pay tribute to this man whose thought and intellectual struggle it shares. Resistant, philosopher, sociologist, he was one of the rare voices of the 20th century reflecting on war and peace through his own experience. His work, shaped by the rise of totalitarianism in the 20th century, is deeply committed to democracy and human rights. It remains an essential tool for understanding the complexity of modern-day conflicts with a view to building a sustainable and lasting peace. From arms to intellectual struggle : the Resistance as foundation What distinguishes him from most Peace advocates is how his fight goes beyond the academic and philosophic spheres. As early as 1936, he rallied in support of the Spanish Republic, and joined the Resistance in 1942. His name “Morin” came from that period of his life, a pseudonym he used while hiding that he then continued using, as a symbol of a lifetime marked by World War II’s atrocities. It is this intimate experience of barbarism that makes his commitment so unique. He does not argue against war on principle, but because he knows how destructive it is. “I wrote this text so that the lessons of eighty years of history could help us face the present as clearly as possible, understand the urgency of working for peace and avoid the tragedy of a new world war”, he wrote in From war to war : from 1940 to Ukraine. His intellectual struggle followed his resistant struggle in order to relentlessly denounce the ravages of war, ideological manipulations and the forgetting of history lessons. Refusing simplification : the “complex thought” as moral demand Where many succumb to the temptation of Manichaeism, reducing a conflict to an aggressor, a victim and a solution through a dualist lens, Morin held complexity up as a moral and intellectual imperative and fought against simple visions. A conflict is never caused by a single factor but always rooted in political, economic, cultural, identity-based and historical dynamics. This is why he spent his career interweaving disciplines, moving from history to philosophy, through sociology, ecology and anthropology. His aim was to analyse reality in its entirety and complexity. He rejected what he termed “mutilating thought”. On the war in Ukraine for example, he embodied an uncomfortable stance, refusing the comfort of certainties, holding together whilst maintaining “a certain degree of firmness” and a “strong will of peace”. It is not a matter of choosing the side of good or the side of evil, but of keeping a clear-headed view of what underlies contemporary conflicts. That is perhaps his most precious legacy : “Our role is to bring a clear thought to understanding the issues of today and tomorrow”. Education, the first condition of peace For Morin, understanding is not enough; knowledge must also be transmitted. Peace is not a temporary state between two wars, it is a long-term process that we must build through education and the transmission of knowledge . He wanted knowledge to begin as soon as possible, not to provide some prefabricated answers, but in order to « acknowledge the misjudgments to which war-like spirit leads and prevent teenagers from being drawn into processes that lead to fanaticism”. He himself experienced this fanaticism, namely Nazi and Stalinist (a former communist, he harshly criticised Stalinism). The vision of education as bulwark against war is in line with the mission Leaders for Peace has set itself : to provide future generations with the tools for building a less violent world. An awareness of war is essential for the spirit of peace in order to prevent the spirit of war from overwhelming people’s minds. “I have faith in love and fraternity”. These words, among his last, sound like a plea from a man who lived through the Second World War, decolonisations, the Cold War and the conflicts of the 21st century, and never gave up. It is this faith that Leaders for Peace wishes to uphold in his memory. Leaders for Peace Foundation
Edgar Morin, penser sa vie et vivre sa pensée
Le 29 mai 2026, Edgar Morin nous quittait à 104 ans. La fondation Leaders pour la Paix a tenu à rendre hommage à cet homme dont elle partage la pensée et le combat intellectuel. Résistant, philosophe, sociologue, il aura été l’une des rares voix du XXè siècle à penser la guerre et la paix en puisant dans sa propre expérience. Son œuvre, marquée par la montée des totalitarismes du XXe siècle, est très attachée à la démocratie et aux droits humains et reste un outil indispensable pour comprendre les conflits contemporains dans leur complexité et construire une culture de la paix durable. Des armes au combat intellectuel : la Résistance comme matrice Ce qui distingue Morin de la plupart des penseurs de la paix, c’est que son combat dépasse le simple cadre académique et philosophique. Dès 1936, il se mobilise en soutien de la République espagnole et il rejoint la Résistance en 1942. C’est de là que vient le nom « Morin », pseudonyme clandestin qu’il gardera toute sa vie en symbole d’une vie marquée par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Cette expérience intime de la barbarie est ce qui rend son engagement si singulier. Il ne plaide pas contre la guerre par principe mais parce qu’il sait ce qu’elle détruit. « J’ai écrit ce texte pour que ces leçons de quatre vingt années d’histoire puissent nous servir à affronter le présent en toute lucidité, comprendre l’urgence de travailler à la paix, et éviter la tragédie d’une nouvelle guerre mondiale », écrit-il dans De guerre en guerre : de 1940 à l’Ukraine . Son combat intellectuel a ainsi pris le relais de son combat résistant pour dénoncer sans relâche les ravages de la guerre, les manipulations idéologiques et l’oubli des leçons de l’histoire. Refuser la simplification : la « pensée complexe » comme exigence morale Là où beaucoup cèdent à la tentation du manichéisme, qui revient à idéaliser un agresseur, une victime, une solution selon un prisme dualiste, Morin a posé la complexité comme exigence morale et intellectuelle et a combattu les visions simplistes. Un conflit n’est jamais mono-causal mais toujours enraciné dans des dynamiques politiques, économiques, culturelles, identitaires et historiques profondes. C’est pourquoi il a passé sa carrière à enchevêtrer les disciplines, allant de l’histoire à la sociologie, en passant par la philosophie, l’anthropologie ou encore l’écologie. Son objectif était de saisir la réalité dans sa globalité et dans sa complexité. Il refusait notamment ce qu’il nommait la « pensée mutilante ». Sur la guerre en Ukraine par exemple, il incarnait une posture inconfortable qui refusait le confort des certitudes et tenait ensemble « un minimum de fermeté » et une « volonté pacifique incontestable ». Il ne s’agit ni de choisir le camp du bien, ni celui du mal, mais d’être lucide sur ce qui sous-tend les conflits contemporains et c’est peut-être là son legs le plus précieux. « Notre rôle est d’apporter une pensée lucide pour comprendre les enjeux actuels et à venir ». L’éducation, condition première de la paix Comprendre ne suffit pas, il faut également transmettre la connaissance pour Morin. La paix n’est pas un état transitoire entre deux guerres, c’est un processus qui se construit sur le temps long, par l’éducation et la transmission. Il plaidait pour un enseignement de la connaissance dès le plus jeune âge, non pas pour inculquer des réponses technocratiques, mais pour « reconnaître les aveuglements auxquels conduit l’esprit de guerre et prévenir chez les adolescents les processus qui conduisent au fanatisme ». Il a lui-même fait l’expérience de ce fanatisme, en l’occurrence nazi et stalinien (ancien communiste, il est devenu critique du stalinisme). Cette vision de l’éducation comme rempart contre la guerre rejoint la mission que s’est donnée Leaders pour la Paix de transmettre aux générations futures les outils pour construire un monde moins violent. La conscience de la guerre est un préalable indispensable à l’esprit de paix afin d’éviter que l’esprit de guerre ne submerge les mentalités. « J’ai foi dans l’amour et dans la fraternité ». Ces mots, parmi ses derniers, résonnent comme une exigence venant d’un homme qui a traversé la Seconde Guerre mondiale, la décolonisation, la Guerre froide et les conflits du XXIe siècle en refusant toujours de désespérer. C’est cette foi que compte poursuivre Leaders pour la Paix en lui rendant hommage. La Fondation Leaders pour la Paix
Déclaration officielle

Alors que le conflit avec l’Iran entre dans sa onzième semaine, que la guerre se poursuit en Ukraine, qu’un cessez-le-feu au Liban reste fragile et que les violences au Soudan perdurent, les populations palestiniennes continuent de subir les effets d’une occupation illégale. L’accumulation de ces crises alimente une montée préoccupante des tensions entre les puissances les plus armées de la planète, avec des conséquences potentiellement dramatiques pour l’ensemble de la communauté internationale. Dans ce contexte, la Charte des Nations Unies comme les Conventions de Genève sont ouvertement bafouées. Le Conseil de sécurité apparaît paralysé, tandis que les efforts diplomatiques peinent à produire des résultats. Les conflits en Iran et en Ukraine entraînent déjà des répercussions économiques majeures à l’échelle mondiale, exacerbant les enjeux de sécurité énergétique et alimentaire. L’inflation qui en découle frappe en priorité les populations les plus vulnérables. Par ailleurs, les opérations militaires dans la région du Golfe et dans le détroit d’Ormuz illustrent, avec une acuité renouvelée, les dérives et les dangers de l’unilatéralisme. Face à ces défis, les Leaders pour la Paix (LPP) réaffirment leur attachement indéfectible à la diplomatie et au respect du droit international. Convaincus que les différends doivent être réglés par des moyens pacifiques et légaux, ils se tiennent prêts à coopérer avec les gouvernements et les organisations engagés en faveur du multilatéralisme et de l’État de droit. La communauté internationale ne peut se permettre de voir s’éroder les mécanismes de coopération intergouvernementale établis sous l’égide des Nations Unies. Une coalition d’acteurs responsables peut encore susciter une mobilisation politique capable de défendre et de revitaliser le multilatéralisme. Cela suppose un sursaut de responsabilité intergénérationnelle, rassemblant toutes les forces prêtes à œuvrer pour la paix, le développement durable et une gouvernance mondiale plus efficace. À l’heure où les Nations Unies s’apprêtent à désigner un nouveau ou une nouvelle Secrétaire général(e), les LPP appellent à soutenir des candidats expérimentés, porteurs d’une vision claire et à même de répondre à la complexité du moment. Le/la futur(e) titulaire devra faire preuve d’un engagement sans faille envers la Charte des Nations Unies, tout en conservant l’indépendance nécessaire à l’exercice de ses fonctions. Dans un monde soumis à de fortes tensions systémiques, le/la prochain(e) Secrétaire général(e) devra être un véritable artisan du dialogue, doté d’une solide expérience diplomatique. La nomination d’une femme constituerait à cet égard un signal fort, alors que l’Organisation n’a, en près de 80 ans d’existence, été dirigée que par des hommes. Si aucun candidat ne pourra réussir sans l’appui déterminé d’une majorité d’États membres, un mauvais choix pourrait durablement fragiliser le multilatéralisme. Promouvoir un humanisme adapté au XXIe siècle implique de faire converger les héritages spirituels et culturels vers un projet commun de coopération, en phase avec l’émergence d’un monde multipolaire. Dans cette perspective, tous les pays — quels que soient leur taille ou leur niveau de développement — ont un rôle à jouer. Forts de leurs échanges avec le Saint-Siège, les LPP entendent également dialoguer avec d’autres traditions religieuses afin de favoriser des formes d’interaction plus éclairées et plus pacifiques à l’échelle mondiale. Fidèles à leur engagement en faveur de l’éducation, les Leaders pour la Paix poursuivront leur action auprès des jeunes, dans un esprit de dialogue entre les générations, pour faire émerger un leadership responsable au service d’un monde plus apaisé. Liste des signataires : Enrique BARON CRESPO, Chancelier de l’Université des Nations unies pour la Paix, Ancien Président du Parlement européen, Ancien président du Parti socialiste européen du Parlement européen, Espagne Assia BEN SALAH, Ambassadrice itinérante du Roi Mohammed VI du Maroc, Membre de l’académie royale du, Maroc Irina BOKOVA, Membre de l’Académie américaine des Arts et des Sciences, Membre du Comité supérieur de la Fraternité humaine, Ancienne Directrice générale de l’UNESCO, Ancienne ministre des Affaires étrangères de Bulgarie, Bulgarie Elisabeth DECREY-WARNER, Fondatrice de l’Appel de Genève, Chercheuse associée au Centre de Politique de Sécurité de Genève, Ancienne présidente du Parlement de la République et canton, Suisse Vuslat DOĞAN SABANCI, Membre du conseil d’administration de Dogan Group, Vice-présidente de la fondation Aydin Dogan, Membre honoraire de l’Institut international de Presse, Turquie Jose Augusto DUARTE, Ambassadeur du Portugal en Espagne, Ancien ambassadeur du Portugal en France, Portugal Donia KAOUACH, Présidente du Board des Leaders pour la Paix, Présidente de Tunisiennes Fières Khalil KARAM, Président de la Ligue Maronite, ancien ambassadeur du Liban auprès de l’UNESCO, ancien représentant du Liban à l’OIF, ancien chargé d’affaires auprès du Saint-Siège, Liban Kabiné KOMARA, Président de Global Fairness Initiative, Ancien Premier ministre de la République Guinée, Ancien Haut-Commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, République de Guinée Eduardo MALONE, Vice-Président de Pathé, Membre du Conseil Diocésain de Paris, Argentine Peter MEDGYESSY, Ancien Premier ministre de Hongrie, Ancien ministre des Finances, Ancien Vice-Président du Conseil des Ministres, Hongrie Amre Mahmoud MOUSSA, Ancien Président d’Interpeace, Ancien ministre des Affaires étrangères d’Égypte, Ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Égypte Antonio PATRIOTA, Ambassadeur du Brésil au Royaume-Uni, Ancien ambassadeur du Bresil en Égypte, Ancien ministre des Affaires étrangères, Brésil Jean-Pierre RAFFARIN, Ancien Premier ministre de la France, Président d’honneur et fondateur des Leaders pour la Paix Surakiart SATHIRATHAI, Président de Asian Peace and Reconciliation Council, Ancien Vice-Premier ministre de Thaïlande, Ancien ministre des Affaires étrangères, Président du Conseil Asiatique pour la Paix et la Réconciliation, Thaïlande Kanwal SIBAL, Ancien ministre des Affaires etrangères de la Republique de l’Inde, Ancien ambassadeur de l’Inde en France, Inde Maria VAN DER HOEVEN, Ancienne membre du board de Total Énergies, Ancienne ministre des Affaires économiques des Pays-Bas, Ancienne directrice exécutive de l’agence internationale de l’énergie, Senior fellow au CIEP, Centre for International Energy Policies., Pays-Bas Pierre VIMONT, Ancien ambassadeur de France aux États-Unis et à l’Union Européenne, Ancien secrétaire général du Service européen d’action extérieure (SEAE), Chercheur associé à la Fondation Carnegie Europe, France Veronika WAND-DANIELSSON, Ambassadeur de la Suède en Allemagne, Ancienne ambassadeur de la Suède en France, Ancienne directeur général du département Europe et Amérique du Nord au Ministère des Affaires
Official statement – Peace must be at the heart of politics
The culture of war permeates our societies, and nation-states have historically derived their legitimacy from their ability to wage war. Even today, brutal leaders hold a fascination, and the aura of war intimidates the voices of peace, which are portrayed as utopian or even naive. Yet, over the past few decades, this supposed omnipotence has proven to be woefully inadequate. For years we have witnessed the failures of major powers; we see that military interventions fuel existing violence and that none of them has brought about either stability or democracy. Since the end of World War II, conflicts no longer yield political victories, and Clausewitzian peace has become a mirage. Transactional peace, as embodied in agreements and treaties, also often proves powerless. The year 2023 was the most violent since the end of the Cold War (Uppsala Conflict Data Program), and every region of the world is experiencing conflicts that cost humanity $14 trillion annually (Institute for Economics and Peace)—or $5 per day per person on the planet. There will be no more victors, and the great powers can no longer resolve crises or impose a shared and functional world order through military might. Democracies, which are supposed to champion a global vision, limit themselves to reiterating their values and have become incapable of enforcing international law. They are no longer the bearers of global peace. The Pax Americana, the most recent example, has demonstrated that the weakening of states through military excesses and the total destruction of their institutions is undoubtedly what most fuels terrorism and the proliferation of armed groups. A bilateral defeat that weakens both sides, condemning them “to die together, with rage in their hearts,” as Albert Camus so aptly put it. What has happened to make humanity—which has never before had so many tools for progress at its disposal—become so violent? Why are the voices of peace so faint? What can we do to ensure that peace and security once again become attainable realities? To answer these questions, we must understand the essential point: peace must be a political project. The world is at war because, for many, politics has taken peace hostage. This global peace project, which we wish to establish and implement through the actions of our organization Leaders for Peace, requires a profound paradigm shift. First, let us consider peace as a field of action that goes beyond the absence of war. Peace is a positive, universal, and global project. This broadening of the scope of peace allows us to identify and address the roots of violence and to include the multiple sources of conflict, such as poverty, climate change, institutional and normative weakness, corruption and the informal economy, economic inequalities, cyberattacks, and the use of disinformation as a tool to destabilize societies. Next, we must include non-state actors who are driving a form of “social resistance” that is growing ever stronger and increasingly detached from the political decisions made by their leaders. Finally, let us help to embed the choice of peace in the minds of those who shape the world today and who will shape the world of tomorrow. To achieve this, education for peace and new forms of governance is necessary. Peace, as Tolstoy reminded us, begins with social behavior. It requires a slow maturation process and a creativity that is sometimes less appealing than the rapid and brutal nature of “the good, saving war.” Through the Traveling Universities of Peace, our organization has set out to train young leaders—living primarily in countries in conflict or at risk of conflict—to implement new methods for addressing the numerous climate, economic, digital, and health challenges contributing to the rise of violence, for violence and war are twin sisters. To expand this initiative, Leaders for Peace plans to establish a Global University for Peace and New Forms of Governance based in Africa. Through this initiative, we aim to offer a third path of engagement that is neither the status quo nor radicalization. The goal is to raise awareness of peace, by reminding people that dignity—a fundamental value of our shared humanity—must not be “exported” but shared, and to encourage people to envision peace and resist the destructive call of war. The Itinerant Universities of Peace have taken a stand that investing in the largest generation of young people in human history (1.8 billion) is, as Kofi Annan reminded us, “the most effective form of defense spending.” Jean-Pierre Raffarin, honorary president of Leaders for Peace, and Donia Kaouach, president of the organization
Leaders for Peace statement
As the conflict with Iran enters its eleventh week, the war in Ukraine continues, a ceasefire in Lebanon remains fragile, and violence in Sudan persists, the Palestinian people continue to suffer the effects of an illegal occupation. The accumulation of these crises is fueling a worrying escalation of tensions among the world’s most heavily armed powers, with potentially dramatic consequences for the entire international community. In this context, both the United Nations Charter and the Geneva Conventions are being openly flouted. The Security Council appears paralyzed, while diplomatic efforts are struggling to produce results. The conflicts in Iran and Ukraine are already causing major economic repercussions on a global scale, exacerbating energy and food security challenges. The resulting inflation hits the most vulnerable populations hardest. Furthermore, military operations in the Gulf region and the Strait of Hormuz serve as a stark reminder of the excesses and dangers of unilateralism. In the face of these challenges, Leaders for Peace (LPP) reaffirm their unwavering commitment to diplomacy and respect for international law. Convinced that disputes must be resolved through peaceful and legal means, they stand ready to cooperate with governments and organizations committed to multilateralism and the rule of law. The international community cannot afford to see the mechanisms of intergovernmental cooperation established under the auspices of the United Nations eroded. A coalition of responsible actors can still generate the political momentum needed to defend and revitalize multilateralism. This requires a surge of intergenerational responsibility, bringing together all forces ready to work for peace, sustainable development, and more effective global governance. As the United Nations prepares to appoint a new Secretary-General, the LPP calls for support for experienced candidates who have a clear vision and are capable of addressing the complexities of the current moment. The future Secretary-General must demonstrate an unwavering commitment to the United Nations Charter, while maintaining the independence necessary to carry out their duties. In a world subject to significant systemic tensions, the next Secretary-General must be a true architect of dialogue, with solid diplomatic experience. The appointment of a woman would send a strong signal in this regard, given that the Organization has, in its nearly 80 years of existence, been led exclusively by men. While no candidate can succeed without the determined support of a majority of Member States, a poor choice could permanently undermine multilateralism. A humanism suited to the 21st century involves bringing spiritual and cultural heritages together around a shared vision of cooperation, in step with the emergence of a multipolar world. From this perspective, all countries—regardless of their size or level of development—have a role to play. Building on their exchanges with the Holy See, the Leaders for Peace also intend to engage in dialogue with other religious traditions to foster more enlightened and peaceful forms of interaction on a global scale. True to their commitment to education, Leaders for Peace will continue their work with young people, in a spirit of intergenerational dialogue, to foster responsible leadership in the service of a more peaceful world. List of signatories: Enrique BARON CRESPO, Chancellor of the United Nations University for Peace, Former President of the European Parliament, Former Chair of the Socialist Group in the European Parliament, Spain Assia BEN SALAH, Special Envoy of King Mohammed VI of Morocco, Member of the Royal Academy of Morocco Irina BOKOVA, Member of the American Academy of Arts and Sciences, Member of the High Committee for Human Fraternity, Former Director-General of UNESCO, Former Minister of Foreign Affairs of Bulgaria, Bulgaria Elisabeth DECREY-WARNER, Founder of Geneva Call, Research Fellow at the Geneva Centre for Security Policy, Former President of the Parliament of the Swiss Confederation, Switzerland Vuslat DOĞAN SABANCI, Member of the Board of Directors of the Dogan Group, Vice President of the Aydin Dogan Foundation, Honorary Member of the International Press Institute, Turkey Jose Augusto DUARTE, Ambassador of Portugal to Spain, Former Ambassador of Portugal to France, Portugal Donia KAOUACH, Chair of the Board of Leaders for Peace, President of Tunisiennes FièresKhalil KARAM, President of the Maronite League, former Ambassador of Lebanon to UNESCO, former Representative of Lebanon to the OIF, former Chargé d’Affaires to the Holy See, Lebanon Kabiné KOMARA, President of the Global Fairness Initiative, Former Prime Minister of the Republic of Guinea, Former High Commissioner of the Organization for the Development of the Senegal River, Republic of Guinea Eduardo MALONE, Vice President of Pathé, Member of the Diocesan Council of Paris, Argentina Peter MEDGYESSY, Former Prime Minister of Hungary, Former Minister of Finance, Former Vice-President of the Council of Ministers, Hungary Amre Mahmoud MOUSSA, Former President of Interpeace, Former Minister of Foreign Affairs of Egypt, Former Secretary-General of the Arab League, Egypt Antonio PATRIOTA, Brazilian Ambassador to the United Kingdom, Former Brazilian Ambassador to Egypt, Former Minister of Foreign Affairs, Brazil Jean-Pierre RAFFARIN, Former Prime Minister of France, Honorary President and Founder of Leaders for Peace Surakiart SATHIRATHAI, President of the Asian Peace and Reconciliation Council, Former Deputy Prime Minister of Thailand, Former Minister of Foreign Affairs, President of the Asian Peace and Reconciliation Council, Thailand Kanwal SIBAL, Former Minister of External Affairs of the Republic of India, Former Indian Ambassador to France, India Maria VAN DER HOEVEN, Former Board Member of Total Énergies, Former Minister of Economic Affairs of the Netherlands, Former Executive Director of the International Energy Agency, Senior Fellow at the CIEP (Center for International Energy Policies), Netherlands Pierre VIMONT, Former French Ambassador to the United States and the European Union, Former Secretary-General of the European External Action Service (EEAS), Associate Research Fellow at the Carnegie Europe Foundation, France Veronika WAND-DANIELSSON, Swedish Ambassador to Germany, Former Swedish Ambassador to France, Former Director General of the Department for Europe and North America at the Swedish Ministry for Foreign Affairs, Sweden Lin XIANG XIONG, President of the Global Chinese Arts & Culture Society, Malaysia Yin MYO SU, CEO of Inle Princess and President of the Inle Heritage Foundation, Myanmar Motohide YOSHIKAWA, Distinguished Professor at Tokyo International Christian University, Former Ambassador and
Déclaration officielle – La paix doit être un objet politique
La culture de la guerre habite nos sociétés et les États-nations doivent historiquement leur légitimité à leur capacité à mener des conflits. Aujourd’hui encore, les leaders brutaux fascinent, l’aura guerrière intimide les voix de la Paix qui sont présentées comme utopistes voire naïves. Pourtant, la toute-puissance s’est révélée au fil des dernières décennies, bien insuffisante. Nous assistons depuis des années aux échecs des États-puissances, nous constatons que les interventions militaires alimentent les violences existantes et qu’aucune d’entre elles n’a apporté ni la stabilité ni la démocratie. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les conflits ne permettent plus de victoires politiques et la paix clausewitzienne est devenue un mirage. La Paix transactionnelle traduite par les accords et les traités se révèle elle aussi souvent impuissante. L’année 2023 a été la plus violente depuis la fin de la guerre froide (Uppsala Conflict Data Program) et toutes les régions du monde connaissent des conflits, qui coûtent 14 mille milliards de dollars par an à notre humanité (Institute for Economics and Peace), soit 5 dollars par jour et par habitant de la planète. Il n’y aura désormais plus de vainqueurs et les grandes puissances n’arrivent plus par le calvaire martial à traiter les crises, à imposer un ordre mondial partagé et fonctionnel. Les démocraties, censées porter une vision du monde, se cantonnent à rappeler leurs valeurs, et deviennent incapables de faire respecter le droit international. Elles ne sont plus les porteuses d’une paix globale. La Pax Americana, dernière en date, a démontré que la fragilisation des états par la dérive militaire et la destruction totale de leurs institutions est sans doute ce qui nourrit le plus le terrorisme et la multiplication des groupes armés. Une défaite bilatérale qui affaiblit les deux parties, se condamnant « à mourir ensemble, la rage au cœur », comme le disait si bien Albert Camus. Que s’est-il passé pour que notre humanité, qui n’a pourtant jamais disposé d’autant d’outils de progrès, soit devenue aussi violente ? Pourquoi les voix de la Paix sont-elles si timides ? Que pouvons-nous faire pour que la Paix et la sécurité soient à nouveau des réalités atteignables ? Pour répondre à ces questions, il nous faut comprendre l’essentiel : la Paix doit être un projet politique. Le monde est en guerre car pour beaucoup, le politique a pris la paix en otage. Ce projet mondial de Paix que nous souhaitons ancrer et déployer à travers les actions de notre organisation Leaders pour la Paix nécessite un changement profond de paradigmes. Tout d’abord, envisageons la Paix comme un champ d’action qui va au-delà de la non-guerre. La Paix est un projet positif, universel et global. Cet élargissement du champ de la Paix permet d’identifier et de traiter les racines de la violence et d’y inclure les sources multiples du déclenchement des conflits tels que la misère, le changement climatique, la faiblesse institutionnelle et normative, la corruption et l’économie informelle, les inégalités économiques, les attaques informatiques et l’utilisation de la désinformation comme outil de déstabilisation des sociétés. Ensuite, nous devons inclure les acteurs non étatiques porteurs d’une « résistance sociale » de plus en plus forte et de plus en plus décorrélée des décisions politiques prises par leurs dirigeants. Enfin, contribuons à enraciner le choix de la Paix dans l’esprit de ceux qui font le monde d’aujourd’hui et qui feront celui de demain. Pour cela, une éducation à la Paix et aux nouvelles gouvernances est nécessaire. La Paix, comme le rappelait Tolstoï, commence dans les comportements sociaux. Elle nécessite une maturation lente et une créativité parfois moins séduisante que la nature rapide et brutale de « la bonne guerre salvatrice ». Avec les Universités itinérantes de la Paix, notre organisation s’est attelée à former de jeunes leaders, vivant principalement dans les pays en conflit ou en risque de conflit, à la mise en œuvre de nouvelles méthodes pour apporter les réponses nécessaires aux nombreux défis climatiques, économiques, numériques et sanitaires en cause dans la montée de la violence, car la violence et la guerre sont sœurs jumelles. Pour amplifier cette action, Leaders pour la Paix a pour projet la création d’une Université mondiale de la Paix et des nouvelles gouvernances localisée en Afrique. Nous souhaitons, au travers de cette démarche, permettre une troisième voie d’engagement qui ne serait ni celle du statu quo, ni celle de la radicalisation. Il s’agit d’élever la conscience de la Paix, en rappelant que la dignité, valeur constitutive de notre humanité commune, ne doit pas être « exportée » mais mise en partage, d’encourager les esprits à imaginer la Paix et à résister à l’appel destructeur de la guerre. Les Universités itinérantes de la Paix ont fait le pari qu’investir dans la plus grande génération de jeunes de l’histoire de l’humanité (1,8 milliard) est comme le rappelait Kofi Annan, « la forme la plus efficace de dépense de défense ». Jean-Pierre Raffarin, président d’honneur des Leaders pour la Paix et Donia Kaouach, présidente de l’organisation
Official Declaration